En 2018, le Grand Montauban au ralenti pour financer les grands travaux

Considérations préalables

Les remarques qui suivent, présentées à l’occasion du rapport d’orientations budgétaires du Grand Montauban pour 2018, ont été établies à partir des quelques éléments qui nous ont été fournis : quelques pages à peine, des données très succinctes, simplement mises à jour d’une année sur l’autre et qui n’exposent pas clairement les grandes orientations politiques mises en œuvre ni les charges nouvelles pour l’année à venir.

  1. Première remarque : des taux d’imposition très élevés et injustifiés

Sur les 219 communautés d’agglomérations françaises, le Grand Montauban fait partie de celles qui ont voté des taux d’imposition les plus forts ces dernières années. Ces taux sont ainsi très nettement supérieurs à toutes les moyennes nationales (d’après les chiffres de la Direction Générale des Collectivités Locales) :

  • 1,7 points au-dessus de la moyenne pour ce qui est de la taxe d’habitation à 11,32%
  • avec 3,47%, le taux de la taxe sur le foncier bâti est le second plus important de la région Occitanie
  • en ce qui concerne la taxe sur le foncier non-bâti, nous avons la 9e plus élevée de France (sur 219 !)
  • nous sommes aussi dans le peloton de tête pour la CFE (6 points au-dessus de la moyenne nationale !
  1. Deuxième remarque : malgré la baisse des dotations, des dépenses qui explosent

La baisse des dotations est un vrai problème. L’équipe de Mme Barèges parvient vraisemblablement à y faire face sans trop dégrader les ratios financiers, mais uniquement grâce à la dynamique fiscale (la population augmente et avec elle, le nombre de contribuables) et à la maîtrise des coûts.

A propos de coûts, tous les postes de dépenses ne connaitront pas des baisses en 2018. Qu’en sera-t-il réellement de ceux-ci : la communication, les frais de représentation et de cérémonies officielles ou les frais liés aux procédures judiciaires qui sont engagées par la présidente ?

  1. Troisième remarque : quelques dépenses de prestiges pour Montauban, des miettes pour les autres communes

Si l’on s’en tient aux indications présentées, on se rend compte que :

  • Montauban concentre la majorité des investissements pluriannuels avec 12M€ (au minimum) quand les autres communes se partagent les miettes (800.000€) toutes affectées à la voirie,
  • Les projets structurants sont dérisoires et se comptent sur les doigts d’une main :
    • BUO
    • Avenue de Mayenne
    • Rénovation du Ramériou
    • Travaux du Cœur de ville
  • Quant aux investissements annuels, ils se résument à l’entretien courant.

Il n’y a rien sur les nouveaux services à proposer aux habitants, rien sur les nouveaux équipements, rien sur les projets dont notre territoire a besoin pour développer son attractivité.

Le budget 2018 du Grand Montauban s’apparente ainsi à un budget qui certes maitrisera les dépenses de fonctionnement et les hausses fiscales, mais au prix d’investissements réduits à une gestion courante, quotidienne, sans vision.

A titre d’exemple, la somme accordée en subventions aux associations (1M€) est dérisoire pour une collectivité comme la nôtre.

  1. Dernière remarque : financer par la dette, toujours…

L’encours de la dette diminue très légèrement en 2018, de1M€. Mais cette baisse reste accessoire (on reste à 70,8 M€) :

  • Elle ne diminue que parce que l’agglomération a réduit non seulement ses dépenses de fonctionnement, mais surtout ses investissements (au minimum) de façon à pouvoir rembourser une partie de ses emprunts ;
  • Cela n’a pas empêché le GMCA de réemprunter : par rapport à l’an dernier, on est passé de 48 contrats de prêts à 55, et de 9 établissements prêteurs à 11 ;
  • L’encourt par habitant baisse certes, mais cette baisse est mécanique en raison de l’entrée de Reynies puis de Lacourt St Pierre et de l’arrivée de nouveaux habitants.

Quoi qu’il en soit, rien que sur la ville de Montauban, la dette cumulée par habitant s’élève à près de 1900€ (930€ agglo + 964€ environ pour la ville, sur la base 58M€ de dettes), ce qui posera tôt ou tard le problème de l’autofinancement et du remboursement.

 

Gaël Tabarly

NB : l’image d’en-tête est une copie d’écran du site du GMCA http://grandmontauban.com

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