Redécoupage des quartiers de la commune : outil de proximité ou manœuvre électorale ?

Le Conseil Municipal du 14 mai dernier a validé le redécoupage de la commune de Montauban en 24 quartiers.

Avant l’adoption de cette délibération, les élus de Montauban Demain s’interrogeaient sur la pertinence d’un tel redécoupage, pour deux raisons :

 

  1. Ce redécoupage s’effectue sans redéfinition de la politique de proximité.

Nous pensions en particulier aux Conseils Consultatifs de Quartiers, dont les fonctionnements devraient être reconsidérés pour mieux représenter la réalité sociale des territoires concernés et disposer d’une véritable autonomie dans la participation au débat public :

  • Pour notre groupe, les conseils de quartiers (CCQ) doivent être des lieux essentiels de démocratie participative, de familiarisation avec le débat public et de transparence de la décision publique.
  • L’organisation de ces CCQ doit être repensée, pour renforcer leurs fonctions essentielles de socialisation et de convivialité (et réduire la forte asymétrie des participants qui les caractérisent actuellement, du fait de l’exclusion de fait de certaines catégories de population – en particulier les jeunes et les classes populaires) et représenter fidèlement la réalité sociale des territoires concernés sans favoriser l’émergence d’une nouvelle élite citoyenne.
  • L’autonomie de ces conseils doit être renforcée, pour ne pas cantonner ces dispositifs à un simple pouvoir consultatif et les préserver de toute application stratégique qui pourrait être envisagée comme ressource électorale.

 

  1. Quelle cohérence pour ces 24 quartiers ?

Le redécoupage de la commune en 24 quartiers pose pour nous le problème de leur cohérence. Un simple comparatif entre la nouvelle carte de la ville et celle publiée par l’INSEE ce mois-ci est révélateur.

Rappelons que l’INSEE, pour son découpage par quartier utilise un outil statistique, les « Ilots Regroupés pour l’Information Statistique » (IRIS) qui correspondent :

  • à une homogénéité de l’habitat et de leurs limites urbaines (voies principales, voies ferrées, cours d’eau…)
  • aux activités
  • à la présence ou non de « grandes zones spécifiques » (parcs de loisirs, zones portuaires, forêts…).

Quand la municipalité répertorie 24 quartiers dans 4 ensembles, l’INSEE en dénombre 25 répartis en 11 ensembles :

Carte Mairie (cliquer pour agrandir) :

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Carte INSEE (cliquer pour agrandir) :

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Face à l’incohérence de ce redécoupage, une question se pose dès lors : ce redécoupage de la ville en 24 quartiers est-il un véritable instrument de la politique de municipale de proximité, ou bien un outil politique à visée électorale permettant d’octroyer des délégations aux élus de la majorité ?

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